
La querelle Danse Rythmique - Danse Classique n'a plus de sens.
La Danse de l'avenir résultera de leur fusion.
Le nom "Rythmique" prêtant à discussion et à confusion.
Je propose de lui substituer le nom de Danse-Libre.
-Jacqueline Chaumont, 1927
Portrait d'une artiste
Jacqueline Chaumont
Mon arrière-grand-mère,
est née en 1897, à Bruxelles en Belgique et décédée en 1991 à Paris.
Aux alentours de 1915, à dix-huit ans, portée par la réussite d'une audition, elle s'envole vers Paris.
Nous sommes en plein dans l'émergence du courant de Danse Libre amené par Isadora Duncan.
Elle étudie la littérature et la musique. Puis se forme à l'art dramatique et la Danse libre d'après les principes de Jacques Dalcroze.
Toutefois, la sérieuse technique de la danse classique l'attire, elle se mit à l'école des ballerines.
Après une série de récitals, Firmin Gémier l'engagea comme chef de la Danse à l'Odéon, enrichissant considérablement sa culture chorégraphique.
Elle sera danseuse et chorégraphe au théâtre de l'Odéon.
Avec le temps, sa vision et sa technique personnelle prennent forme.
Elle estime que la querelle Rythmique-Classique n'a plus de sens et que la Danse de l'avenir résultera de leur fusion. Dans tous les cas, le nom de Rythmique prêtant à discussion et à confusion, elle propose de lui substituer le nom de Danse-Libre.
Elle dispensera ses cours de danse et se liera d'une belle amitié avec son cadet, Maurice Béjart.
Militante, elle oeuvre pour la reconnaissance des droits des danseuses.
Elle crée La Scène Française.
A la suite du début de l'industrialisation, avec son époux Pierre Guedy, poète, romancier et conférencier, ils effectuent un travail de recherche et de sauvegarde des chants, danses, et traditions du terroir de l'Ile de France.
Cela insufflera la création du "Ballet Légendaire de l'Île-de-France" dont sa fille Antoinette Guedy danseuse de caractère et comédienne, en assura la direction artistique.
J'ai à cœur de vous partager son parcours, son témoignage, qui s'inscrit dans l'histoire de la conservation des danses de traditions, la défense des droits des danseuses, et du retour progressif de la Danse Libre.
Voici quelques liens vers ce dont je parle, il vous suffit de cliquer pour les découvrir.
La pédagogie Dalcroze.
La danse de caractère.
Isadora Duncan.
https://www.youtube.com/watch?v=KcVvk4asEU4
Le ballet légendaire de l'île-de-France.
https://www.balletlegendaire.fr/index.php/historique
Antoinette Guedy
https://fr.wikipedia.org/wiki/Antoinette_Gu%C3%A9dy

DANSE RYTHMIQUE, DANSE D'EXPRESSION, DANSE DE STYLE
par Mme Chaumont
( Recopié plus bas )








DANSE RYTHMIQUE, DANSE D'EXPRESSION, DANSE DE STYLE
par Mme Chaumont
Tandis qu'elle poursuivait ses études littéraires et musicales, Mme Jacqueline Chaumont travaillait l'art dramatique et la Danse libre d'après les principes de Dalcroze. Toutefois, la sérieuse technique de la danse classique l'attirait, et bientôt elle se mit à l'école des ballerines. Après une série de récitals, Gémier l'engagea comme chef de la Danse à l'Odéon.
La culture chorégraphique de Mme Chaumont est donc diverse et profonde. C'est cela même que nous prouve sa conférence. Les façons de concevoir la Danse abondent et, bien qu'elle les admette toutes, Mmc Chaumont nous dit ses préférences.
Pour elle, le but de la Danse est de traduire, à l'aide du corps, et le plus fidèlement possible, à la fois le rythme, le caractère, l'esprit et, parfois, l'atmosphère d'un ouvrage musical. Le corps doit être considéré comme un instrument d'une sensibilité aiguë, et le tenir pour un instrument n'est pas lui assigner un rôle inférieur. Ce rôle est primordial au contraire, car c'est par le corps que la Danse rendra sensible à la Vue ce qui est perçu par l'Ouïe.
La musique transforme en art dynamique l'art, avant tout, plastique du geste. Mme Chaumont estime que, s'il est possible et légitime de créer la danse dans le silence et de lui adapter ensuite la musique, ce procédé ne peut servir qu'aux exercices techniques, ou ne saurait constituer qu'une expérience isolée. « Il manquera toujours au danseur œuvrant dans le silence, le fluide, l'énergie condensées dans la musique, et dont les ondes, en se propageant, sont captées à la fois par notre esprit et notre corps et servent alors de tremplin à l'expression de notre sensibilité. »
Comme le rôle du danseur est de réaliser pour les yeux ce que perçoit notre oreille, Mme Chaumont propose d'éduquer d'abord cette dernière. Il n'est jamais trop tôt pour commencer ce travail.
Pour cette éducation, Mme Chaumont se sert de la méthode rythmique de Jaques Dalcroze. Elle lui reconnaît une qualité éprouvée par trente ans d'existence. D'ailleurs son ambition de professeur n'est pas d'être originale à tout prix, mais d'atteindre le but qu'elle se propose.
Elle prend, elle aussi, son bien où elle le trouve et ajoute à la Rythmique Dalcroze un grand nombre d'exercices de culture physique intégrale pour le développement corporel de l'élève, la gymnastique des jambes de la danse d'école et enfin une série d'exercices spéciaux qui, avec l'utilisation de ces divers éléments, constitue sa méthode personnelle.
Elle estime que la querelle Rythmique-Classique n'a plus de sens et que la Danse de l'avenir résultera de leur fusion. Dans tous les cas, le nom de Rythmique prêtant à discussions et à confusions, elle propose de lui substituer le nom de Danse-Libre.
Mme Chaumont aimerait que l'on établisse une classification, non pas selon l'aspect extérieur des danses, mais selon leur logique de composition, leur « esprit ». Il y aurait, selon elle, des danses pures qui comprendraient les danses populaires, les danses de salon, les variations classiques, autrement dit des danses de pure forme. On distinguerait aussi des danses d'expression, dont le but est d'exprimer un sentiment, un état d'âme. La danse mimée, c'est-à-dire la danse sur un thème, sur des idées et sur des mots, viendrait ensuite.
Puis on ferait une place à part aux danses rituelles, telles qu'elles existaient dans l'Antiquité et qu'elles demeurent en Orient.
Enfin, il serait bon de classer sous la rubrique « pastiches » ou « danses de caractère » les danses inspirées du folklore et arrangées pour le théâtre.
Quant à la danse qui serait le produit de la fusion de la Danse classique et de la Danse libre, on lui donnerait le nom de Danse-mixte.
Mme Chaumont présenta ses démonstrations en deux parties, l'une qui permit de montrer les détails de sa pédagogie et l'autre qui en fit connaître les résultats. Les élèves, Mmes Mady Bouchet, Tita Coste, Janine Delbet, Christiane Jacqueau et les petites Michelle et Nicole Taxil, exécutèrent au début des exercices éducatifs de Rythmique. La précocité des deux sœurs Taxil fut très remarquée. Après vinrent des exercices propres au développement musculaire, les uns ayant trait à la culture générale, exercices de force et de détente, d'autres visant la chorégraphie où la force et la souplesse étaient alliées, tels que plies, balancés, fentes, attitudes, etc. Les sautillés terminèrent le programme des études analytiques, et une première tentative de synthèse fut faite.
Un thème musical étant donné, les élèves le traduisent d'abord en vocabulaire gestuel rythmique, puis en mouvements de danse libre et enfin en pas de danse classique. Cet exercice eut lieu sur la Petite Suite, de Debussy.
Les danses composant la deuxième partie comprenaient des « danses pures » un menuet de Lulli, que dansèrent avec gravité les mignonnes Michelle et Nicole; une gavotte de Gluck et une gigue de Grétry. Les danses d'expression, qui servaient de transition vers les danses mimées, étaient dansées sur deux valses, l'une de Brahms, l'autre de Sibélius. La danse mimée s'inspira de la musique des Saltimbanques, de Ganne, et eut pour interprète la belle Mme Bouchet. Quant au pastiche, il fut exécuté sur une danse hongroise de Brahms.
Mme Chaumont émailla la démonstration de remarques opportunes que nous ne pouvons malheureusement pas reproduire ici.
Mais nous ne manquerons pas de noter que, pour elle comme pour Ione et Brieux, il n'y a pas d'art pour professionnel et d'art pour amateur, mais qu'il y a l'Art vers lequel on doit tendre selon ses moyens, mais avec la même sincérité et les mêmes méthodes.
Auteur inconnu.
Isadora Duncan
Le corps du Danseur est tout simplement la manifestation lumineuse de l'âme,
Danser, c'est prier.
Isadora Duncan
